Un écran pliable repose sur une dalle OLED flexible, capable de se plier des milliers de fois sans, autant que possible, perdre son fonctionnement. C’est cette technologie qui permet aux smartphones de changer de format selon les usages.

Plier son téléphone n'est plus une catastrophe : voici comment l'écran encaisse chaque pli © Shutterstock
Plier son téléphone n'est plus une catastrophe : voici comment l'écran encaisse chaque pli © Shutterstock

Samsung fait partie des acteurs qui ont largement contribué à démocratiser cette technologie. Avec sa gamme Galaxy Z, le constructeur propose depuis quelques années déjà des smartphones capables de se plier verticalement ou horizontalement. L’objectif est d’offrir davantage d’espace d’affichage, tout en conservant un appareil suffisamment compact une fois replié.

Cette innovation s’inscrit dans une approche plus large de Samsung. Le constructeur développe également l’IA embarquée avec Galaxy AI, les objets connectés et un écosystème regroupé autour de SmartThings. L’écran pliable devient ainsi l’une des briques d’une expérience mobile pensée pour s’adapter aux usages.

À retenir

  • Un écran pliable utilise principalement une dalle OLED flexible ;
  • Ses composants peuvent se plier grâce à des matériaux souples ;
  • Une charnière accompagne le mouvement de l’écran ;
  • Plusieurs couches protègent la dalle contre les contraintes quotidiennes ;
  • Les Galaxy Z Fold et Galaxy Z Flip exploitent cette technologie pour des usages différents ;
  • Le logiciel doit également s’adapter au changement de format.

Qu’est-ce qu’un écran pliable ?

Un écran pliable, c’est une dalle capable de se courber sans casser. Il utilise généralement la technologie OLED, particulièrement adaptée à ce type de construction.

Contrairement à un écran LCD classique, l’OLED ne nécessite pas de rétroéclairage séparé. Chaque pixel produit directement sa propre lumière. Cette conception facilite la création de dalles plus fines et surtout plus flexibles.

Le fonctionnement repose sur plusieurs couches superposées

ÉlémentÀ quoi ça sert
Dalle OLEDProduit directement la lumière et les images grâce à ses pixels auto émissifs
Couche tactileDétecte et interprète les interactions exercées sur la surface de l’écran
Film de protectionProtège la dalle contre les rayures, les impacts et les contraintes du quotidien
Couches de supportAssurent la rigidité, la stabilité et la protection mécanique de l’ensemble
CharnièreGuide le mouvement de pliage et répartit les contraintes exercées sur la dalle

Le principal défi consiste donc à rendre l’ensemble suffisamment souple. Il faut aussi conserver une bonne qualité d’affichage et une résistance adaptée à nos (sur)sollicitations quotidiennes.

C’est précisément là que l’ingénierie entre en scène. Un écran pliable ne consiste pas à prendre un écran classique et à lui demander gentiment de se plier. C’est toute son architecture qui doit être pensée pour supporter des mouvements répétés, parfois plusieurs dizaines de fois par jour.

Samsung s’appuie sur son expertise dans les technologies d’affichage (Samsung Display) pour développer ses écrans pliables. Le constructeur travaille sur l’ensemble de cette architecture, de la dalle aux différents éléments qui l’accompagnent.

Comment un écran pliable résiste-t-il au pliage ?

La flexibilité vient d’abord des matériaux utilisés. La dalle OLED peut se courber grâce à une construction beaucoup plus fine qu’un écran traditionnel. Le système doit toutefois gérer une contrainte importante, puisque chaque pliage exerce des forces sur plusieurs couches différentes.

Comment fonctionne un écran pliable ? Dalle OLED, charnière et couches de protection expliquées © Pierre Crochart pour Clubic.com

Une charnière permet d’accompagner ce mouvement, et contrôle la manière dont le smartphone s’ouvre et se referme. Elle contribue également à répartir les contraintes exercées sur l’écran.

La protection extérieure joue aussi un rôle essentiel. Elle doit rester suffisamment flexible pour suivre le mouvement de la dalle. Elle doit également protéger l’écran contre les rayures et les petits tracas du quotidien.

Samsung développe ainsi des technologies spécifiques pour ses smartphones pliables Galaxy Z Fold et Galaxy Z Flip. Le premier privilégie un grand écran qui se déploie comme un livre. Le second adopte un format compact qui se replie sur lui-même, en format clapet.

Le résultat donne deux approches différentes d’une même technologie

  • Galaxy Z Fold : davantage d’espace pour le multitâche, les vidéos ou la lecture ;
  • Galaxy Z Flip : un smartphone compact une fois fermé ;
  • Écran flexible : adaptation du format aux besoins de l’utilisateur ;
  • Charnière : accompagnement contrôlé du mouvement ;
  • Logiciel : adaptation de l’interface au changement de format.

Le pli visible sur certains écrans fait d’ailleurs partie des particularités de cette technologie. Il correspond à la zone où la dalle change de forme. Avec les générations successives, les fabricants cherchent à rendre cette transition toujours plus discrète.

La durabilité reste évidemment un point crucial. Un smartphone pliable peut être ouvert et fermé très régulièrement, et doit donc être capable de supporter ces mouvements répétés sans transformer chaque ouverture en petit moment de stress.

Un écran pliable d’accord… Mais à quoi ça sert ?

L’intérêt d’un écran pliable dépasse le simple effet spectaculaire (l’effet « wow ! »). Son principal avantage est de modifier le format d’un appareil selon le moment et l’usage.

Un Galaxy Z Fold peut ainsi fonctionner comme un smartphone classique lorsqu’il est fermé. Une fois ouvert, son écran plus grand facilite certaines tâches. Le visionnage de vidéos, la lecture ou la consultation de documents peuvent notamment profiter de cette surface supplémentaire.

Le multitâche bénéficie lui aussi de cette conception. Plusieurs applications peuvent être affichées simultanément sur un seul et même (grand) écran. Il devient alors possible de consulter un document tout en gardant une conversation ouverte, par exemple.

Le Galaxy Z Flip répond quant à lui à une logique différente. Son écran se replie pour réduire l’encombrement du smartphone. Une fois fermé, l’appareil occupe donc moins d’espace dans une poche.

Cette capacité à changer de forme ouvre aussi la porte à de nouveaux usages. Le smartphone peut être positionné à différents angles pour visionner des photos ou participer à une visioconférence. L’interface vient alors s’adapter à cette nouvelle position.

Car cette évolution concerne aussi l’expérience logicielle. Avec Galaxy AI, Samsung intègre différentes fonctions d’intelligence artificielle directement dans ses smartphones. Le format pliable peut ainsi offrir davantage d’espace pour certaines interactions avec ces outils.

L’écran n’est par ailleurs plus forcément un élément isolé. Avec SmartThings, Samsung propose un écosystème permettant de connecter et de contrôler différents appareils compatibles. Le smartphone peut alors devenir une interface centrale pour plusieurs usages du quotidien.

La technologie ne consiste donc pas uniquement à fabriquer « une dalle qui se plie », et aujourd’hui, le fait de plier son téléphone n’est plus forcément synonyme de catastrophe.